Mairie de Bouvignies
Le site officiel de la mairie de BOUVIGNIES
Le Manoir

En 1233, la seigneurie dont dépend Bouvignies appartient à la famille de LANDAS, elle passe ensuite en 1287 à la maison MORTAGNE-LANDAS, puis en 1384 à celle d’HOLLEHAIN qui édifie un château dans le village. Au XVème siècle, celle-ci renouvelle la demeure seigneuriale, qui, en 1559 devient la propriété des PSALMIER, puis des NEDONCHEL en 1586.

Une description du XVIIème siècle indique “qu’elle est entourée de fossés, que deux ponts lui donnent accès, qu’elle est entourée de tourelles carrées, mais qu’elle comprend deux parties d’âges différents : au rez-de-chaussée se trouve la grande salle, la chambre de la Baronne et d’autres petites pièces, dans le sous-sol sont alignés de nombreux saloirs, des pots de miel, confiture, … et les anciennes prisons sont transformées en fruitiers, caves à vin, à bière et au lait ; les appartements du Baron occupent l’étage du nouveau quartier ; les greniers au-dessus ; des bâtiments de ferme avec l’écurie de 18 chevaux, la remise des carrosses, les étables, la grange, la petite brasserie, la boulangerie, le chenil avec 10 chiens courants, la bergerie et les jardins. Le château possède aussi une chapelle et des jardins qui sont comme le logis entouré d’eau”.

En 1723 le BARON Octave Eugène DE NEDONCHEL reçoit le titre de MARQUIS ; il vit surtout à la cour. Cependant en 1782 il entreprend la reconstruction de sa demeure. Le Marquis ayant émigré lors de la Révolution, son patrimoine est déclaré “bien national” et mis en vente. Deux habitants de Douai, Jean LIEVIN et Augustin MOUTON obtiennent l’adjudication et entreprennent la démolition du château (les matériaux sont rapportés à Douai). Le procès-verbal daté du 2 pluviose an 3 (21 janvier 1795) indique que le domaine comprend “19 belles caves, au rez-de-chaussée 4 grandes salles, 5 salles à manger, 19 cabinets et antichambres, un grand escalier de chêne en menuiserie sculptée et 3 autres de moindre importance permettent de gagner l’étage où se trouvent une grande salle, 10 chambres et 20 cabinets ; le second étage offre 2 grandes salles, 8 chambres et 15 cabinets. Une avant-cour avec une maison bâtie en grés et en briques composée de 3 caves, 6 chambres, 7 cabinets et d’une boulangerie ; au couchant d’un grand bâtiment en grès et en briques composé de 2 chambres, 2 cabinets, 7 remises aux carrosses et au bois ; de 2 jardins potagers sur l’un desquels est bâtie une maison composée d’une cave et d’une grande chambre ; de 2 parterres dans l’un desquels se trouve un jet d’eau donnant de l’eau dans les bassins qui entourent le château ; un bois ; une avenue ; un pont-levis ; des basses-cours, avec du côté levant, un grand bâtiment à usage de brasserie, écurie, grange, pigeonnier, abreuvoir ; du coté du couchant un bâtiment à usage de forge, d’un verger, de plusieurs écuries, étables et pigeonniers.”

De cette vaste propriété il ne reste aujourd’hui qu’une partie du mur d’enceinte percé de meurtrières, l’entrée principale venant du centre du village encadrée de 2 pilastres, une autre “la porte de Douai” enjambant le reste des douves avec la date de réfection gravée sur la clé de voûte (1783), un pigeonnier carré en briques monté sur un soubassement en grès et d’un bâtiment de la basse-cour. La propriété a été achetée en 1983 par la commune à la famille DEVIENNE.

Lors du creusement des étangs du parc de loisir du manoir, en 1985, les fondations du château sont mises à jour : regroupées, elles forment un monument dans l’enceinte de la zone de loisirs du « domaine du manoir ». D’autres parties sont visibles quand le niveau du grand étang est bas.

Bernard MONNIER ( Avril 1997 )

Sources:
– DICTIONNAIRE DES CHATEAUX DE FRANCE – Flandre, Artois, Hainaut, Picardie Jacques THIEBAUT – Berger Levrault – Nancy – 1978 – 327 pages.
– BOUVIGNIES ET SES SEIGNEURS – Léon SPRIET – Berjo et Balin – Orchies – 1900 – 192 pages.
– STATISTIQUES ARCHEOLOGIQUES DU NORD – Tome II – Arrondissements de Valenciennes, Douai, Avesnes Rés Universis – Amiens 1991 – 450 pages